28/11/2013

Menace sur la cohésion sociale

A toutes et à tous,

Suite aux récents événements qui animent la vie politique et citoyenne de notre Cité, j’ai décidé d’ouvrir ce blog pour prendre une part encore plus active aux débats publics concernant les activités du Département de la cohésion sociale et de la solidarité de la Ville de Genève dont j’ai la charge. Le premier objectif est d’informer et de rendre compte des actions et des prestations du Département, en particulier sa politique sociale de proximité. Le second, de susciter le dialogue et l’échange d’idées, deux notions que je considère comme étant les armes les plus fécondes de notre démocratie.


Comme vous toutes et tous, j’ai été stupéfaite d’apprendre les coupes budgétaires proposées en dernière minute par la majorité de la commission des finances du Conseil municipal !

Si ce vote se confirme, les habitant-e-s de notre Ville vont être directement pénalisés par une décision qui met en péril une politique sociale de proximité ô combien nécessaire dans une ville-centre en pleine évolution, qui doit faire face à des inégalités sociales de plus en plus criantes et à la précarité.

Les Conseillères et Conseillers municipaux qui ont approuvé ces coupes ont-ils bien conscience des menaces qu’ils font peser sur une quarantaine de personnes, qui craignent aujourd’hui pour leur emploi ? Au-delà des UAC, des espaces de quartier qui devraient fermer et de l’Agenda 21 qui serait démantelé, mesurent-ils les conséquences d’une diminution drastique des achats de prestations et de marchandises, qui mettra en péril des prestations aussi indispensables que le nettoyage des préaux et des places de jeux, la mise à disposition de salles de sports pour les jeunes, ou encore des manifestations que la Ville propose aux personnes âgées isolées, comme la traditionnelle croisière ?

Pour ma part, je m’oppose avec vigueur à cette menace. J’attends de l’administration qu’elle mette en évidence clairement et simplement les enjeux qu’une telle décision entraînerait, pour la population genevoise, pour les plus fragiles surtout, comme pour ces collaboratrices et collaborateurs qui ont à cœur de mener à bien leur mission. La politique sociale de proximité contribue largement à une qualité de vie reconnue à Genève, alors même que le contexte urbain et économique n’est pas toujours favorable. Mettre en péril cette cohésion sociale est un risque majeur qui pourrait, à terme, coûter très cher à la Cité.



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Commentaires

le vrai problème est que la ville de Genève, ses politiciens et son administration sont totalement incapable de faire aussi bien avec moins de moyens, tout simplement parce que dans cette ville on est habitué à gaspiller.

A quand un contrôle permanent de l'efficience de vos actions? Les Verts y sont favorables, pourquoi ne pas le faire au lieu de pleurnicher. Démontrez que vous ne gaspillez pas, que chaque centime public est intelligemment utilisé et vous n'aurez plus de problème.

C'est assez simple pour que tout le monde comprenne, y compris les plus sourds.

Si vous le faites faire par un organe indépendant et neutre, que le résultat prouve qu'il n'y a pas de gaspillage, vous pourrez même penser à vous représenter!

A défaut il y a des risques pour tout le monde. Le bénéficiaires en premier, les fonctionnaires ensuite et vous-mêmes en dernier puisque les élections ne sont pas si lointaines que cela.

Écrit par : Dominique Vergas | 28/11/2013

Cher Monsieur,

J'entends ce que vous dites. Permettez moi de vous rappeler que la Ville de Genève est de manière générale bien gérée, et que cette bonne gestion est reconnue comme telle par les observateurs indépendants, tel que l'IDHEAP (Institut des Hautes Etudes en Administration Publique). Je rappelle que le projet de budget 2014 soumis au vote du Conseil municipal est équilibré et que les finances publiques sont saines.

Je ne souscris donc pas à votre critique : non la Ville ne gaspille pas les deniers publics. Au contraire, l'administration municipale est prompte à tenir compte des critiques qui lui sont adressées, et à revoir sa gestion ou ses prestations, si nécessaire.

A part cela, je suis d'accord pour dire que l'administration municipale doit être attentive à rendre compte de son activité, des moyens mobilisés et des actions concrètes réalisées pour les habitant-e-s de cette Ville. Je vous invite à ce propos à consulter notre site internet qui est riche en information.

Mais, à supposer que nous ne communiquions pas assez sur le travail accompli au quotidien par le Service social, cela ne justifie en aucun cas une coupe brutale dans les lignes budgétaires : quand on ne sait pas, quand on ne comprend pas, on doit se renseigner et poser des questions.

Sur le fond, je veux quand même rappeler que d'autres collectivités publiques, en France notamment, ont pris l'option d'économiser drastiquement dans le domaine social ou dans celui de la formation. Elles sont en train d'en subir les conséquences dramatiques en terme de cohésion sociale.

Pour qu'aucun doute ne subsiste sur les activités de mon département, je peux fournir toutes les informations et éclaircissements demandés à la bonne compréhension de la politique sociale de la Ville de Genève. Chacun pourra ensuite juger sur pièce et se positionner en connaissance de cause.

Esther Alder, Conseillère administrative

Écrit par : Esther Alder | 29/11/2013

Chère Madame,
Merci pour vos explications qui ont le mérite d'exister.

Ce qui fait notre divergence est que vous avez une vision de l'Etat comme une providence et que je perçois, selon la doctrine en cours à Genève, la primauté de la responsabilité individuelle et la complémentarité du rôle de l'Etat.

Il est évident que nous ne pouvons pas arriver à la même conclusion quant à la dépense du denier public. Selon la vision que je défends l'aide doit être réservée à ceux qui sont légalement installés sur notre territoire et qui en ont réellement besoin. La votre et celle de la majorité à laquelle vous appartenez est de donner à tous, ou à défaut, à un nombre nettement plus élevé.

Je combats votre vision mais je respecte la magistrate que vous êtes. C'est vous l'élue pas moi.

Écrit par : dominique Vergas | 29/11/2013

Cher Monsieur,

Je constate comme vous que nos vues divergent mais je vous rejoins cependant sur un point. La Ville de Genève ne peut pas tout faire. Elle est active, notamment par le biais de mon Département, pour soutenir celles et ceux qui en ont le plus besoin, afin de réduire les effets de la fracture sociale. Nos vues sont différentes certes, mais elles auront au moins eu le mérite de nourrir nos propres réflexions et je vous en remercie.

Esther Alder, Conseillère administrative

Écrit par : Esther Alder | 02/12/2013

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