21/01/2014

La pointe de l’iceberg

La Ville de Genève propose, depuis une bonne dizaine d’années, un hébergement hivernal, comprenant un lit dans un abri PC, une soupe chaude le soir, la possibilité de prendre une douche et un petit déjeuner. Les personnes accueillies peuvent y passer 30 nuits consécutives au maximum. Ce dispositif, sa réalité et ses limites, ont été présentés dans le cadre de l’excellente émission de Temps Présent diffusée le 19 décembre dernier, « Une douche contre la misère ».


Je parle là de solutions d’urgence. La prise en charge hivernale de personnes sans domicile fixe n’est en effet qu’un palliatif, une manière d’éviter un drame humain et qu’une personne ne meure de froid dans les rues de Genève !

Même si les capacités d’accueil sont parfois insuffisantes, même si la dignité des personnes et la sécurité ne sont pas toujours faciles à garantir en cas de saturation, de même que les conditions d’hygiène et d’accès aux soins, nous ne saurions nous passer de ce dispositif hivernal.

Cette semaine, les Conseillères et Conseillers municipaux membres de la commission sociale viendront visiter ces abris. Avec eux, nous allons tirer un premier bilan après deux mois d’ouverture du dispositif.

Rappelons que ces abris sont ouverts du 15 novembre au 31 mars. Qu’ils disposent de 200 places et que ce dispositif peut se prolonger et être augmenté en cas de grands froids.

Mais si l’on veut traiter le mal à sa racine, il faut s’attaquer à la précarité et à l’exclusion. Car la précarité ne touche pas que les autres. Personne n’est à l’abri d’un accident de vie, ni de la spirale qu’il peut déclencher. Chacun connaît une personne dans son entourage qui a perdu son travail et n’en retrouve pas, un jeune qui n’arrive pas à accéder au monde du travail, une famille qui ne peut vivre des seuls revenus de son travail et se retrouve dans une situation d’endettement.

Agir en amont, prévenir et proposer des solutions pérennes, c’est là que se situe la première urgence sociale. Nous savons que la question du logement est cruciale car sans logement tout devient rapidement un problème. Avec le projet de logements relais modulaires actuellement à l’étude en Ville de Genève, nous pourrions réaliser une première tranche test d’une trentaine de places. Cela nous permettrait d’offrir à des personnes précarisées la possibilité de normaliser leur situation et de sortir ainsi de la spirale de la misère. De tout cela, nous devons débattre largement.

Le jeu des questions/réponses sur le forum internet qui a suivi Temps Présent a été sur ce plan riche d’enseignements. Je veux remercier encore celles et ceux qui m’ont soutenu dans mes options. De nombreux échanges m’ont conforté dans la nécessité de mieux expliquer les enjeux de la politique de lutte contre la précarité que je mène.  

Ce Billet en est un exemple.


Esther Alder

Conseillère administrative



 

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