04/02/2014

Crèches : réaffirmons l'exigence de qualité !

Baisser les normes d’encadrement des crèches pour créer des places supplémentaires, c’est tentant…mais ce serait réduire l’exigence de qualité que nous défendons, raison pour laquelle nous nous opposons à cette mesure. A quelques jours des votations sur le taux d’encadrement des structures d’accueil de la petite enfance, il me semble donc important de répondre aux arguments livrés par les partis favorables à cette baisse.


En effet, la grande promesse faite aux citoyens genevois de créer « près de 400 nouvelles places de crèche de qualité » en cas de oui le 9 février, est une « tromperie sur la marchandise », comme l’a parfaitement résumé la Conseillère d’État et cheffe du DIP Anne Emery-Torracinta.

Il n’est pas possible de créer de nouvelles places de crèche sans repousser les murs des crèches !

Ou, de manière plus réaliste, il est impossible de créer de nouvelles places de crèche sans ouvrir de nouvelles crèches. C’est la politique suivie ces dernières années par la Ville de Genève. Entre 2003 et 2011, année où le cap des 3'000 places a été franchi, plus de 900 places ont été créées dans 15 Institutions de la petite enfance. En 2014, nous atteindrons les 3'350 places en crèches et, dès 2015, nous disposerons au total d’environ 3'600 places disponibles. A ceux qui objecteraient une question de coûts, j’aimerais leur rappeler une règle essentielle de la politique de la petite enfance : les crèches rapportent en moyenne 3 francs à la collectivité, pour un franc investi !

Par ailleurs, d’autres pistes sont envisagées pour augmenter les capacités d’accueil : la mise en place d’une structure de coordination des accueillantes familiales de jour par la Ville de Genève en est un exemple. Elle permettra d’offrir, dès septembre prochain, de nouvelles possibilités de garde pour des dizaines d’enfants.

Voter Oui à une diminution du taux d’encadrement dans les crèches, c’est contraindre le personnel des crèches à opter pour le simple gardiennage au détriment d’un accueil de qualité dans un environnement sûr et stimulant. Et ce, au moment même où le Conseil d’État a réaffirmé qu’il assumerait les obligations découlant du contre-projet à l’IN 143, adopté en juin 2012. L’article constitutionnel sur les crèches prévoit que le coût des nouvelles places de crèche sera désormais être réparti entre le Canton et les communes. Ce n’est pas rien ! Cette mesure va permettre d’accélérer la création de places supplémentaires, tout en diminuant les financements à charge des communes. Et ceux notamment, très importants, supportés par la Ville.

La petite enfance est une mission essentielle de la collectivité qui doit continuer à donner la priorité au développement des enfants. Une collectivité responsable ne saurait sacrifier l’avenir des nouvelles générations en procédant à des économies à court terme.

 

Esther Alder

Conseillère administrative




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Commentaires

Tout ce que je vois moi, c'est qu'à Genève une place de crèche coute plus que dans l'immense majorité des canton alors que l'encadrement y est moindre... on paye donc plus pour moins.... Il est là le problème. Soit des gens sont trop payés, soit c'est mal-organisé (comme un peu tout à l'Etat et à la Ville de G'nève) et faut que ca change!

Écrit par : Pierre Roche | 05/02/2014

Nous vivons dans un contexte socio-économique où une place en crèche représente une nécessité pour de nombreuses familles, qui ont besoin de deux revenus pour assurer un niveau de vie décent à Genève.

Et c'est justement le coût de la vie, le coût de la construction et le niveau des salaires qui expliquent la grande disparité des coûts des structures petite enfance que vous évoquez.

En plus de ces éléments de contexte très disparates entre les cantons suisses, une comparaison des coûts n'est pas aisée à faire vu la diversité des systèmes et des cadres légaux.

Certains cantons participent aux investissements et aux frais d'exploitation, d'autres pas.

Pour ma part, je continue de considérer que les crèches sont un investissement pour l'avenir de nos enfants, pour leur scolarité et leur intégration dans la société.

Elles facilitent aussi la création de liens sociaux entre les familles et contribuent à créer de la cohésion sociale dans les quartiers.

Qui vous dit que les crèches de Genève ne sont pas celles qui rapportent le plus pour le bien-être social !

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 06/02/2014

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