11/02/2014

La cohésion sociale touchée autant que l’économie

Genève et l’ensemble de ses 45 communes ont rejeté, comme les autres cantons romands, l’initiative « contre l’immigration massive ». Cela ne doit pas nous faire oublier que ce texte a été accepté au plan fédéral. Même si le oui l’a emporté par moins de 20'000 voix, il nous faut prendre en compte les conséquences de ce vote mais aussi l’inquiétude qui s’est exprimée à cette occasion.


Dumping salarial, chômage, précarisation de l’emploi et manque de logements à prix abordables, pour beaucoup, la période est difficile. Face à ces réalités, une partie de la population se sent profondément démunie. Son désarroi se traduit par une montée de l’intolérance et du repli sur soi.

Pour répondre à ces peurs, la première chose à faire est de les écouter. C’est ensuite d’accompagner les personnes fragilisées, pour trouver, avec elles, des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent. C’est la position de la Ville de Genève. Les Points info-services, les aides financières ponctuelles, les prestations complémentaires aux personnes âgées ou encore les différentes formes de soutien à la parentalité (allocation rentrée scolaire, extension de l’accueil péri et parascolaire, notamment), en sont des exemples.

Faire de l’étranger un bouc émissaire a un coût en termes de cohésion sociale et de solidarité. A ce titre, la réintroduction des contingents telle qu’elle a été acceptée ce week-end et, de fait, le retour du statut de saisonnier ainsi que la fin des regroupements familiaux vont très certainement nuire à l’intégration des populations étrangères. En outre, de telles mesures remettent en question des valeurs d’accueil et de solidarité inscrites dans les Conventions internationales et qui nous permettent à toutes et tous, Suisses et étrangers, de vivre ensemble en bonne harmonie.

Nous sommes d’ailleurs toujours, à un moment donné de notre histoire, l’étranger de quelqu’un. Rappelons-nous qu’il y a 200 ans, au moment de l’entrée de Genève dans la Confédération, c’était les Suisses qui émigraient par milliers. En Amérique latine notamment, où ils se sont parfaitement intégrés.

Les voix populistes posent souvent les bonnes questions en y apportant de mauvaises réponses. Dans un débat émotionnel, il ne faut jamais négliger le poids des arguments dès lors qu’ils sont concrets et étayés.

Je vous invite à aller voir une infographie très instructive, sur le blog de Martin Grandjean.

 

Esther Alder

Conseillère administrative

 

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Commentaires

On ne veut pas des aides, on ne veut pas de la charité. On veut pouvoir se loger, travailler et vivre décemment et le plus agréablement possible chez NOUS. Point.

Il n'est nullement question de repli sur soi, nullement question d'intolérance.

Il s'agit de limites concrète: La Suisse c'est 41 milles km2 dont les 2/3 sont des montagnes. Sur le minuscule tiers restant on est deja 8 millions, dont plus de 2 millions d'étrangers 8dont la plupart en pose pas problème)... et on nous annonce deja 10 millions à court terme?

Le message est clair: STOP, y a presque plus de place, et ce peu de place on veut choisir à qui on l'offre, après s'être servi soi-meme.

Écrit par : Pierre Roche | 12/02/2014

Monsieur,

Je vous remercie pour votre commentaire. Je comprends vos inquiétudes. Elles sont légitimes. Le résultat de dimanche révèle un malaise profond, qu'on ne peut ignorer.

Comme vous le soulignez, le territoire suisse est exigu, et il faut en tenir compte. Mais la réintroduction des contingents d'étrangers ne limitera pas forcément la croissance de la population sur le sol suisse.
Car le respect de la préférence nationale ne suffira pas à combler les besoins des entreprises.

Dans un monde globalisé, les mouvements de population ne vont pas s'arrêter sur simple décret. Et il paraît difficile d'opposer des barrières artificielles à un phénomène appelé à s'amplifier.

Il me semble essentiel de poursuivre les efforts de concertation pour intégrer au mieux les étrangers en Suisse.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/02/2014

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