11/03/2014

8 mars : un manque de mobilisation inquiétant

En Suisse, la Journée internationale des femmes est passée presque inaperçue. Les médias nous apprennent qu’elle a été peu célébrée. Ce désintérêt à l’égard des questions féminines est regrettable, voire inquiétant. Il laisse la porte ouverte à la mise en cause d’acquis que l’on croyait définitifs. Le droit à l’avortement, par exemple.


Sous couvert d’arguments économiques, une initiative, refusée par le peuple, a remis en question récemment le remboursement de l’IVG par l’assurance-maladie obligatoire. Aujourd’hui, le droit à l’avortement est d’ailleurs attaqué de toutes parts. Ainsi, en Espagne, le gouvernement a élaboré un projet de loi qui prévoit d’interdire l’avortement, sauf en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère, alors que 75% des Espagnols sont favorables à l’IVG. Un retour en arrière n’est pas exclu dans ce pays, comme dans d’autres.

Le manque de mobilisation des citoyennes et des citoyens suisses à l'occasion de la Journée du 8 mars laisse à penser que le combat en faveur de l’égalité s’affaiblit, alors même  que celui-ci n'est pas terminé, loin s'en faut.

L’égalité hommes-femmes a beau être inscrite dans la Constitution fédérale, elle ne l’est pas encore dans la réalité. Dans le monde professionnel, à compétences égales, les femmes gagnent souvent moins que les hommes. Dans la vie privée, une fois leur journée de travail terminée, elles doivent généralement affronter seules de multiples tâches ménagères et éducatives.

Pour mener de front toutes ces activités, les femmes font preuve d’une endurance formidable, malheureusement peu reconnue par l’entourage et la société. C’est peut-être là une source de démobilisation importante. Face à des inégalités persistantes et à la lenteur des progrès, la tentation est grande de baisser les bras. Il est donc nécessaire de rester en alerte et de promouvoir sans relâche l’égalité entre les sexes, dont le monde a tant besoin pour faire face aux défis gigantesques à venir.

Cette vigilance s’impose d’autant plus que l’inégalité et les préjugés sexistes se logent dans tous les domaines. Le sport en est un. En partenariat avec le Service Agenda 21-Ville durable, la Ville de Genève a entamé cette année une réflexion sur l'égalité, les stéréotypes de genre, et les discriminations dans et à travers le sport. Les Départements de la cohésion sociale et de la solidarité, des finances et du logement, de la culture et du sport, proposent toute une série d’événements sur ces thèmes. Le coup d’envoi a eu lieu le 5 mars dans les Bibliothèques municipales. Le 8 mars, les jeunes filles ont investi le Skatepark de Plainpalais, un territoire généralement masculin. Ce programme évolutif se poursuivra tout au long de l’année. Très rassembleur, le sport peut être un formidable vecteur d’égalité au quotidien.


Esther Alder,

Conseillère administrative

 

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Commentaires

«Dans le monde professionnel, à compétences égales, les femmes gagnent souvent moins que les hommes.»

C'est une affaire de "partenaires sociaux". Que ces dames se syndiquent et qu'elles fassent valoir leurs droits.

«Dans la vie privée, une fois leur journée de travail terminée, elles doivent généralement affronter seules de multiples tâches ménagères et éducatives.»

... Mais alors, qu'elles assignent leurs Jules dans le canapé du salon. On dirait franchement qu'elles ne sont pas majeures les minettes !

Écrit par : petard | 11/03/2014

Madame, vous l'écrivez justement: "une fois leur journée de travail terminée, elles (les femmes) doivent généralement affronter seules de multiples tâches ménagères et éducatives". Sans personnel de maison, comment ces femmes pourraient-elles entrer dans un parti politique en s'y engageant réellement et/ou entreprendre d'autres activités? En lisant, en écoutant, en vivant, aussi, il est difficile de ne pas repenser à ce conflit (années suivant 1968) entre femmes dites "au travail" (à l'extérieur) et femmes ne "travaillant pas, ne faisant rien" ("débiles, dépendant de leurs maris comme autrefois de leur papa")!, "juste" s'occupant de leurs foyers, familles, coatching scolaire, parents agés, activités bénévoles, paroissiales, etc.! Sans vouloir juger... Au début du "second salaire", au bistrot, ces messieurs parlant entre eux se demandaient les uns les autres: "la tienne, elle te rapporte combien`?" et comparaient les "meilleures" ("poires")?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/03/2014

La Fondation Midnightsports offre cette possibilité : le sport pour tous et ce dès l'âge de 12/13 ans jusqu'à environ 16/17 ans.

Garçons et filles doivent apprendre à gérer eux-mêmes des activités sportives avec l'aide de coach, les parents doivent aussi s'impliquer, le tout sans aucune discrimination. Cela fonctionne en Suisse allemande, dans les cantons de Fribourg, Neuchâtel, Vaud et un projet est en cours de réalisation dans le canton du Valais.

A quand Genève ?

De plus, la Fondation aide les communes dans les démarches, les recherches de financement, etc....

Je vous conseille vivement d'aller visiter le site internet et il y a même une page Facebook.

Écrit par : Lise | 11/03/2014

Si les femmes se mobilisent moins c'est qu'elles ne sont plus aussi endurantes que leurs anciennes .Le durable elle le connaissait l'ayant pratiqué toute leur existence et elles n'avaient pas à trouver solution pour empêcher leurs enfants de pianoter à la journée sur un ordinateur ou iPhone
Beaucoup de mères de famille ont retourné leur veste et surveillent attentivement leur enfant afin qu'il ne devienne pas malgré lui simple objet de consommation et qu'il apprenne surtout à re-compulser des livres plutôt qu'à simplement cliquer pour obtenir réponse
Par là même reprenant ainsi les rênes de leur vie de famille en main ce qui est beaucoup plus important que défiler pour des nèfles

Écrit par : lovsmeralda | 12/03/2014

@petard

Bonjour,
Je vous remercie pour votre commentaire. Il ne me semble pas que les inégalités femmes-hommes puissent être résolues uniquement par les partenaires sociaux même si ceux-ci mettent beaucoup en œuvre pour y arriver. Certains stéréotypes ont cependant la vie dure et les changements de mentalité demandent du temps. Il reste beaucoup à faire et nous devons toutes et tous travailler, chacun à notre niveau, pour essayer d’améliorer les choses.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/03/2014

@Myriam Belakovsky

Bonjour,

Je vous remercie pour votre commentaire. Le travail des femmes a acquis aujourd’hui toute sa légitimité mais, comme vous le soulignez, la double journée les empêche bien souvent d’entreprendre une carrière politique ou d’autres activités. En matière d’égalité, bien des choses doivent encore être améliorées et j’invite toutes celles et ceux qui se battent pour cette cause à ne pas se démobiliser.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/03/2014

@Lise

Bonjour,

Je vous remercie pour cette information, dont je prends bonne note. Les efforts entrepris pour favoriser l’égalité hommes-femmes dans le sport sont réjouissants, et j’encourage vivement toutes les initiatives qui vont dans ce sens.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/03/2014

@lovsmeralda

Bonjour,

Merci pour votre réponse. Il est vrai que les nouvelles technologies tendent à bouleverser la vie des familles. Dans certains cas, une surveillance accrue des parents est nécessaire. Les tâches éducatives peuvent s’accroître et prendre de nouvelles formes. L’avenir de l’égalité passe aussi par l’éducation, c’est pour cette raison qu’il faut continuer à cultiver la vigilance.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/03/2014

@Esther Alder,merci à vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 13/03/2014

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