17/06/2014

Prestations complémentaires : des arguments indécents

Le Conseil municipal s’est penché récemment sur une demande de crédit budgétaire supplémentaire de 900'000 francs destiné à financer des prestations complémentaires en faveur des habitants de la commune disposant d’un revenu limité.


Le débat était riche d’arguments intéressants, mais certains d’entre eux m’ont laissée perplexe. Il est par exemple étonnant de constater - lorsqu’il s’agit de débattre de prestations accordées à des personnes démunies - que le thème de la réduction de la dette de la Ville devient tout à coup important, alors qu’il est généralement accessoire au moment de discuter de l’octroi de gros crédits pour rénover des bâtiments ou des infrastructures.

Je conviens volontiers que tous les départements doivent faire un effort pour diminuer la dette, y compris le mien, bien entendu. Mais je refuse que cet effort se fasse sur le dos de personnes qui touchent moins de 30'000 francs par année de l’AVS ou de l’AI. C’est un raisonnement spécieux que d’affirmer que mon Département court après les gens pour leur mettre de force dans les poches de l’argent qu’ils n’ont pas demandé (185 francs par mois pour les personnes seules et 265 francs pour les couples), et dont soi-disant ils ne voudraient pas. Les personnes aux revenus très modestes sont souvent mal informées de leurs droits. Il est dès lors logique de chercher à les aviser de l’existence d’une prestation les concernant. Ne pas le faire serait une faute et une inconséquence qu’on pourrait nous reprocher.

Ces prestations, acceptées par le Conseil municipal en 2011, devraient-elles dormir dans les caisses de l’administration sous prétexte que les ayants-droit ne les demandent pas ? Ce serait manquer de respect envers le Conseil municipal qui les a votées, et donc anti-démocratique. Il serait aussi passablement hypocrite de les garder à l’abri dans un tiroir en espérant que les bénéficiaires n’en sachent rien et n’en fassent pas la requête. Je trouve plutôt réjouissant de constater que ces prestations sont de plus en plus sollicitées. La demande de crédit supplémentaire de 900'000 francs qui vise à les financer sera prochainement étudiée par la Commission sociale et de la jeunesse.

A l’heure où la précarité augmente à Genève – c’est un fait, et pas une vue de l’esprit – il me paraît nécessaire de poursuivre une politique sociale qui tienne compte des besoins des plus démunis. Il y a dans cette ville prospère, où le coût de la vie figure parmi les plus élevés au monde, des personnes âgées ou invalides qui ont moins de 30'000 francs par année pour vivre. Et certains voudraient que mon Département, pour réduire la dette de la Ville, n’informe pas ces personnes de la possibilité de demander une prestation complémentaire à laquelle elles ont droit ? C’est tout simplement indécent !

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