01/07/2014

La nuit, un nouveau défi pour les autorités publiques

Depuis plusieurs années, la nuit cristallise des enjeux politiques, sociaux et économiques fondamentaux. Il n’y a pas une nuit, mais il y a des nuits. Il y a la nuit du repos, pour ceux qui récupèrent d’une longue journée de travail. Il y a la nuit des loisirs, de la culture et de la fête, pour les jeunes et tous ceux qui veulent s’amuser, ou se cultiver. Il y a la nuit des activités économiques, pour ceux qui gagnent leur vie après 22 heures.


Ces fonctions différentes de la nuit engendrent des tensions. L’émergence d’un espace public nocturne accroît le risque de conflits entre la ville qui dort et la ville qui s’amuse. Il recèle aussi un potentiel formidable, pour le tourisme et l’économie bien sûr, mais également pour la cohésion sociale.

La nuit représente donc un nouveau défi pour les autorités publiques, un défi transversal qui nécessite une approche globale.

C’est pourquoi le Conseil administratif a annoncé récemment sa volonté de mettre en place une politique publique de la nuit portée par les cinq Départements municipaux. Cette politique va s’articuler autour de six enjeux principaux, dont quatre concernent le Département de la cohésion sociale et de la solidarité.

Le premier porte sur la médiation, la prévention et la sensibilisation. Les outils existent, ils doivent maintenant être développés. Je songe notamment à une extension du projet Prévention, médiation, sécurité (PPMS) qui va se dérouler pour la deuxième année consécutive cet été à la Promenade des Lavandières. Ce projet, fruit d’une collaboration entre la Délégation à la jeunesse, Point jeunes de l'Hospice général, l’association La Barje, les Unités d’action communautaire, implique aussi la gendarmerie et les agents de police municipaux. Il a été évalué positivement. Les jeunes modérateurs qui ont arpenté le périmètre de la Promenade des Lavandières et des Halles de l’Ile en début de soirée ont réussi à faire diminuer le nombre de bagarres et de plaintes de la part des habitants.

Les modérateurs nocturnes sont un autre outil que nous avons testé en Vieille-Ville pendant trois semaines en 2012. Des équipes de Travailleurs sociaux hors murs accompagnés de médiateurs de 22h à minuit, et d’agents de la police municipale de minuit à 2h du matin, ont arpenté les rues les vendredi et samedi soirs pendant trois semaines en août et en septembre 2012.

Ce projet a été mené en collaboration avec le Département de l’environnement urbain et de la sécurité. Il a démontré qu’une action conjointe et concertée entre travailleurs sociaux et police municipale était efficace pour réduire le sentiment d’insécurité et augmenter le seuil de tolérance des habitants.

Le renforcement de l’offre de loisirs en début de soirée pour les jeunes de 14 à 18 ans est une deuxième piste d’action importante pour le Département de la cohésion sociale et de la solidarité. Faute de moyens financiers et de lieux adéquats répondant à leurs besoins, les jeunes sont souvent livrés à eux-mêmes ou condamnés à organiser des botellones où l’alcool coule à flot.

Il est nécessaire d’inventer de nouvelles formules pour les jeunes en début de soirée. Le Service de la jeunesse va étudier diverses pistes possibles.

Les deux derniers enjeux qui vont occuper mon Département concernent la mobilité et la gouvernance.

Pour finir, la vie nocturne pose la question du vivre ensemble. Le succès des mesures envisagées dépend non seulement d’une approche globale, mais aussi des moyens que le Conseil municipal allouera pour les mettre en œuvre.

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