01/12/2014

Le sida reste un défi politique majeur

 

En 2014, le VIH/sida continue à infecter et à tuer chaque année des millions de personnes dans le monde. Certains l’oublient. En Suisse, il y a des voix –issues des rangs du PDC et de l’UDC - qui s’élèvent pour demander la suppression des moyens alloués à la prévention dans le budget 2015 de la Confédération. En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, il faut pourtant rappeler avec force que l’épidémie n’appartient pas au passé et qu’il est indispensable de poursuivre le combat qui vise à l’éradiquer.


FullSizeRender.jpg

















Les villes ont un rôle important à jouer dans ce combat. Aujourd’hui 1er décembre, à l’initiative de Paris et de sa maire Anne Hidalgo, plusieurs villes – dont Genève, que je représentais au nom du Conseil administratif - ont signé une déclaration dans laquelle elles s’engagent à tout mettre en œuvre pour aider l’Onusida à faire disparaître l’épidémie de sida dans le monde d’ici à 2030. Grâce aux derniers progrès scientifiques, à l’activisme des associations et à un engagement politique constant, il y a une réelle chance d’atteindre ce but.

Le principal engagement des villes est de réaliser d’ici 2020 les objectifs 90-90-90 de traitement du VIH : 90% des personnes séropositives connaissent leur statut sérologique ; 90% des personnes qui connaissent leur séropositivité reçoivent des traitements antirétroviraux ; et 90% des personnes sous traitements antirétroviraux ont une charge virale indétectable. A Genève, ces objectifs relèvent principalement du canton, en charge de la santé publique. Mais la Ville a une grande marge de manœuvre concernant d’autres objectifs contenus dans la déclaration, notamment la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, ainsi que le soutien aux personnes vulnérables et marginalisées.

En effet, comme l’écrivent aujourd’hui dans le quotidien Libération Anne Hidalgo et Bill de Blasio, son homologue de New York, « le sida n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est une crise des droits de l’homme. Il met en danger des vies et la santé, il répand la discrimination et la stigmatisation et il crée des populations qui sont exclues et vulnérables. »

Le sida reste un défi politique majeur. L’épidémie frappe davantage les populations déjà marginalisées, comme les migrants, les travailleuses du sexe, les gays et les transsexuels. Or les réformes néolibérales des systèmes de santé fragilisent petit à petit l’accès aux soins et à la prévention des populations les plus précaires. La garantie de cet accès doit s’affirmer comme une priorité politique pour les années à venir.

13:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.