17/02/2015

De la place pour les jeunes!

 

A Genève, les jeunes en situation de rupture scolaire, sociale et professionnelle sont toujours plus nombreux. Pour la seule Ville de Genève, on estime que 500 personnes de 18 à 25 ans se trouveraient dans ce cas. C’est très inquiétant, surtout à l’heure où l’actualité nous montre l’attrait que peuvent exercer certaines formes de violence radicale. La réinsertion sociale et professionnelle est une priorité des collectivités publiques depuis plusieurs années déjà. Diverses structures oeuvrent dans ce but à Genève, mais de nombreux jeunes n’ont pas les capacités relationnelles ni ne possèdent une intégration sociale suffisante pour y avoir recours.


 

La Ville de Genève vient de lancer une campagne pour mettre en évidence l’effort qu’elle fournit dans ce domaine, mais aussi pour sensibiliser les partenaires privés et le Conseil municipal à la nécessité de poursuivre, voire d’augmenter cet effort. Cette campagne, intitulée « De la place pour les jeunes », met l’accent sur trois volets de la politique de la Ville.

Tout d’abord, elle rappelle le soutien des pouvoirs publics à l’association BaB-VIA, qui offre deux dispositifs d’insertion socioprofessionnels complémentaires. Le premier est celui de la Boîte à boulots (BaB). Elle est active auprès des jeunes sans qualification précises, mais qui sont autonomes et cherchent à gagner un peu d’argent. La BaB les met en contact avec des entreprises prêtes à les engager pour des missions de courte durée. En 2014, 1300 petits jobs ont été confiés à des jeunes par 125 entreprises. Le second dispositif, l’antenne Vers l’insertion professionnelle (VIA), s’adresse plus particulièrement à des jeunes en rupture, qui ont besoin d’une prise en charge personnelle et d’un suivi très serrés. En 2014, l’antenne VIA en a accompagné près de 200.

Le deuxième volet de la campagne met en évidence la Ville comme employeur exemplaire, et notamment le fait qu’elle s’engage en faveur de la formation et de l’emploi des jeunes en leur proposant des stages et des apprentissages. Enfin, le troisième volet est axé sur le tissu associatif avec lequel les travailleuses et les travailleurs sociaux hors murs collaborent pour soutenir des projets élaborés par ou avec les jeunes.

Un rapport d’évaluation du projet VIA réalisé par la Haute école de travail social, ainsi que les travaux de la Commission externe d’évaluation des politiques publiques sur les dispositifs municipaux en faveur des jeunes, soulignent la réactivité et la souplesse du cadre d’intervention proposé par la Ville de Genève. Avec ma collègue Sandrine Salerno, nous voulons poursuivre cette politique en promouvant un « réflexe jeunes » auprès des entreprises, des partenaires et du monde politique. Nous appelons de nos vœux le soutien du Conseil municipal. Nous en appelons aussi à la responsabilité et à la collaboration des entreprises locales pour proposer aux jeunes des stages, des pré-stages et des journées d’initiation.

Nous développerons d’ici peu un nouveau volet de cette campagne, en direction des jeunes eux-mêmes, pour mieux faire connaître le dispositif qui les concerne.

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Commentaires

Bonsoir,

La tolérance plutôt que l'exclusion -ou la sélection martiale- est importante dans une société où nous sommes censés "nous supporter les uns les autres" et accepter nos différences et complémentarités qui devraient être considérées comme une richesse.

La disponibilité de temps des adultes en faveur des jeunes, permettant de créer une verticalité trans-générationnelle et un moyen de lier un rapport égalitaire, même si de point de vue différent, qui va au-delà de la seule fonction, mais de l'affection humaine que nous pouvons témoigner les uns aux autres me paraît essentiel.

Pour conclure, je donnerai l'exemple d'un enfant qui apprend à marcher que l'on préfère déplacer en poussette "pour gagner du temps", alors qu'en vérité on en perd; prendre le temps d'accepter le compromis qui veut que l'adulte décélère pour permettre à l'enfant d'apprendre à aller à la vitesse de l'adulte, pour finalement réaliser une marche commune...

La patience est une vertu nécessaire dans le milieu tant scolaire que professionnel. Cesser le stress et la projection future pour s'intéresser à la qualité du présent et de "ce que nous prenons et laissons" à chaque rencontre ou intervention que nous entreprenons.

Alain Zuin
Philologue-Artiste

Écrit par : Zuin Alain | 25/02/2015

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