21/04/2015

Les Verts, un parti résilient

 

Durant les dernières semaines, les médias, forts des résultats des élections cantonales de Bâle-Campagne, Lucerne et Zurich, ont critiqué les Verts de manière insistante. « Illisibles », « inaudibles », « invisibles », « barbants », les Verts connaîtraient un « déclin inexorable ». On les dit « en enfer », et on leur promet le pire lors des élections fédérales de cet automne.


 

Dans ce contexte, les résultats des élections municipales du 19 avril à Genève étaient très attendus. Loin d’être catastrophiques, ils sont contrastés. Tandis que les Verts se sont consolidés dans les exécutifs, ils ont perdu 17 sièges dans les conseils municipaux, dont 3 en Ville de Genève et 3 à Veyrier. Les autres sièges perdus sont le reflet de situations micro-locales où les écologistes n’ont pas de section communale. Les Verts ont néanmoins obtenu de bons scores dans plusieurs parlements, en particulier à Meyrin, à Chêne-Bougeries et à Troinex, mais aussi à Lancy, Carouge, au Grand-Saconnex et à Versoix. Dans ces communes, ils se placent au-dessus de la barre des 15%, et atteignent même 27,3% à Chêne-Bougeries.

Il n’y a bien sûr pas de quoi pavoiser. Mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter outre mesure. Dans le passé, les Verts ont déjà connu des fluctuations. A partir de la seconde moitié des années 90, ils ont vécu des années difficiles au niveau national, pendant lesquelles ils ont accumulé défaites sur défaites. Comme aujourd’hui, les médias reprochaient aux Verts d’être des copies des socialistes. Comme aujourd’hui, ils annonçaient un dépérissement des Verts. Et certains écologistes doutaient de l’avenir. L’ancien président des Verts Ruedi Baumann déclarait en août 2001 : « Il n’en faudrait pas beaucoup pour que nous nous écroulions complètement ».

Le parti écologiste a traîné cette image de perdant jusqu’en 2003, année où il s’est ressaisi. Et aux élections nationales de 2007, les Verts enregistraient les meilleurs résultats de leur histoire. Les autres partis ne sont pas à l’abri de telles fluctuations. Le PLR a par exemple perdu du terrain régulièrement pendant des années avant de rebondir.

Il est vrai que les questions environnementales sont actuellement éclipsées par d’autres préoccupations. Les périodes d’incertitude économique ne profitent guère aux écologistes. Ce n’est pas nouveau. Cela ne doit pas empêcher les Verts de faire leur autocritique et de rendre leur programme plus attrayant. Les défis ne manquent pas. Les problèmes environnementaux ne sont pas aussi fluctuants que les crises économiques. Certains d’entre eux, comme le réchauffement climatique, sont permanents et menacent la survie de la planète. Ils nécessitent une réponse urgente. A nous de trouver le moyen de mieux faire passer notre message. 

17:20 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.