02/02/2016

La famille ne doit pas devenir un luxe

La famille est-elle devenue un luxe ? C’est la question dérangeante que posait le Forum 2016 de Caritas, organisé à Berne vendredi 29 janvier. On sait que le fait d’élever des enfants constitue l’un des plus grands risques de pauvreté dans notre pays, pourtant si riche. En Suisse, 223'000 parents et enfants vivent dans la pauvreté. Malheureusement, la Suisse investit peu dans les familles. La politique familiale de notre pays ne permet pas de concilier suffisamment travail et vie de famille. Les frais de prise en charge des activités péri et parascolaires sont souvent trop élevés et les enfants ne bénéficient pas d’une couverture financière suffisante. Alors, que faire ?


Lors de ce Forum, six orateurs se sont succédé pour traiter du thème de la pauvreté des familles selon différentes perspectives. J’ai été invitée par Caritas à parler des stratégies et des solutions mises en œuvre par le canton et la Ville de Genève. En effet, à Genève comme ailleurs en Suisse, un nombre croissant de familles est touché par la pauvreté, en particulier les familles monoparentales et les familles nombreuses. Après avoir présenté les prestations complémentaires familiales introduites par le canton en 2012, j’ai exposé les différentes mesures de la Ville pour lutter contre la pauvreté des familles, en particulier l’allocation de rentrée scolaire, le plan d’action pour la promotion des droits de l’enfant, le projet de coaching parental mis en place début décembre et l’offre d’activités péri et parascolaires.


Je retire de cette journée la conviction qu’il est indispensable de renforcer l’égalité des chances pour prévenir la pauvreté des familles. Des études montrent que les enfants des familles défavorisées restent souvent dans la précarité tout au long de leur vie. Une situation qui s’explique notamment par un accès insuffisant et inégalitaire de ces enfants aux prestations éducatives et aux activités culturelles et artistiques. L’égalité des chances suppose aussi que les parents aient accès à la formation ainsi qu’à la formation continue.


Il me paraît également nécessaire d'améliorer les conditions permettant aux femmes de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Elles fournissent toujours l’essentiel des tâches ménagères et éducatives, souvent au détriment de leur carrière. Et elles sont plus souvent touchées par la pauvreté que les hommes.


La famille assume de nombreuses missions dont toute la société bénéficie. Il est donc impératif qu’elle ne devienne pas un luxe. Cela nous conduirait à un darwinisme social extrêmement dangereux, qu’il faut à tout prix éviter.

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