16/11/2016

Nucléaire : une initiative qui fait le pari de l’avenir

Au lendemain de la catastrophe de Fukushima, rejoignant les préoccupations d’une majorité de la population, tant le Conseil fédéral que le Parlement s’étaient prononcés en faveur de l’abandon de l’atome. Mais en refusant de définir une durée d’exploitation maximale des centrales actuelles, ils ont laissé planer une incertitude quant à leur volonté réelle d’en finir avec cette énergie. La Stratégie énergétique 2050, adoptée récemment par le Parlement, ne comble pas cette lacune. Dans ce contexte, l’initiative des Verts « Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire » représente le plan d’action qui manque à la Suisse pour véritablement débrancher les centrales nucléaires.


La catastrophe de Fukushima semble lointaine. Les préoccupations politiques et économiques à court terme ont pris le pas sur l’inquiétude suscitée par la sécurité des centrales. Le Conseil fédéral craint maintenant les conséquences financières qui découleraient des dédommagements que pourraient exiger les propriétaires des centrales pour un arrêt anticipé. Certains partis évoquent les dangers d’une « fermeture précipitée », qui conduirait selon eux à importer de l’électricité provenant d’énergies non renouvelables. Bref, il y a toujours une bonne raison pour ne pas abandonner le nucléaire. 

Contrairement à ce que disent ses détracteurs, l’initiative des Verts n’impose pas une fermeture précipitée des centrales. Elle demande que celles-ci soient fermées après 45 ans d’activité et que celles qui ont déjà dépassé cet âge cessent leur activité un an après l’adoption de l’article constitutionnel. Concrètement, cela signifie que Beznau I et II ainsi que Mühlberg seraient débranchées en 2017, Gösgen en 2024 et Leibstadt en 2029. Nous avons donc affaire à une fermeture progressive, qui laisse le temps de trouver des solutions. Selon les opposants, c’est aller trop vite. Pourtant, même si l’initiative devait être refusée, la fermeture de Mühleberg en 2019, annoncée par les Forces motrices bernoises en mars de cette année, et le fait que Beznau I soit à l’arrêt depuis plusieurs mois - et peut-être pour toujours - bousculent déjà le calendrier.

La fermeture des centrales offre l’opportunité de remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables et sans danger, comme l’éolien, l’hydraulique, le photovoltaïque, et la biomasse. Ces énergies sont l’avenir, et leur développement permettra de créer des emplois. Actuellement, environ 40'000 projets énergétiques sont prêts à être réalisés. Ils peuvent compenser la production des réacteurs de Mühleberg et de Beznau I et II.

Abandonner le nucléaire, c’est faire le pari de l’avenir, et assurer la sécurité de la population.

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