02/12/2016

Les neurosciences au service de l'éducation

Le 12e colloque petite enfance de la Ville de Genève a pris fin vendredi 2 décembre. Deux jours durant, une dizaine d’experts renommés, venus de France et de Suisse, ont débattu de l’apport des neurosciences à l’éducation. Ils ont proposé un fascinant voyage dans le cerveau des enfants, qui s’est avéré riche d’enseignements et de perspectives pour les pratiques éducatives dans les institutions de la petite enfance.


La recherche en neurosciences évolue dans un contexte souvent tendu qui oppose les sciences naturelles aux sciences humaines, les scientifiques aux pédagogues et aux enseignants, les théoriciens du « cerveau biologique » à ceux du « cerveau social ». Il est cependant indéniable que les neurosciences ont permis d’approfondir la compréhension du fonctionnement des enfants.

Une des découvertes les plus prometteuses est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale. Celle-ci détermine nos apprentissages tout au long de la vie. Elle implique aussi que notre cerveau évolue en permanence en fonction de nos expériences. Comme l’a dit François Ansermet, chef du Service de psychiatrie d’enfants et d’adolescents aux HUG, lors du colloque, « de même qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, on n’utilise jamais deux fois le même cerveau ».

L’environnement dans lequel est élevé un enfant a une influence capitale sur son développement. Que ce soit à la maison, dans les lieux d’accueil ou à l’école, il est indispensable d’entourer l’enfant de bienveillance, de respect et d’empathie. La science a démontré que la structure et le développement du cerveau sont directement corrélés aux soins reçus pendant l’enfance. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est de créer des conditions favorables dans les institutions d’accueil pour que les enfants puissent faire usage de leurs formidables potentialités.

A Genève, la politique de la petite enfance est développée dans cette perspective. Il est important que les enfants aient accès dès le plus jeune âge à toutes sortes d’activités qui favorisent leur créativité. Par exemple, le programme d’éveil culturel et artistique développé depuis une vingtaine d’années dans les institutions de la petite enfance, élargi grâce à l’ouverture de la Maison de la créativité l’année dernière, répond  à cet objectif.

L’importance du jeu dans le développement de l’enfant a conduit la Ville, en collaboration avec l’ONG Action Innocence, à lancer récemment une campagne pour attirer l’attention des parents sur les dangers d’une trop longue exposition des enfants aux écrans.

De même, le Plan d’actions pour la promotion des droits de l’enfant, adopté l’année passée par le Conseil administratif, vise à développer le bien-être des enfants et leur participation à la vie collective.

Au final, je retire de ce colloque interdisciplinaire la conviction que les neurosciences peuvent aider les pouvoirs publics à mieux penser l’éducation des enfants, afin qu’ils deviennent les auteurs et les acteurs de leur devenir.

15:40 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Auteurs et acteurs de leur devenir en parlant de quels enfants?

De milieux privilégiés, tous?

Nous savons que nous ne naissons pas égaux et que dès la rencontre de nos parents, l'histoire de leurs familles respectives... des conjoints ou pères et mères géniteurs et génitrices, étant une chose, "papa" et "maman", une autre.

Statut social, environnement, moyens... Accueil de la grossesse voulue, appelée ou subie?

La grossesse, "langage de chair" mère-enfant ou non?

L'accouchement (peut laisser des traces qui influenceront le comportement de l'enfant, d'abord, de l'adulte, ensuite!?

Naissance de l'enfant avec sentiment d'abandon dès qu'il se retrouve "bien à l'abri" en son petit berceau de notre point de vue, certes, mais non de son ressenti (néocortex encore en formation, blessure promesse de névrose pour la suite

Neurosciences à l'école, certes, mais en fonction du bien-être des enfants autrement dit au cas par et *pour" cas!

Enfance: famille unie?

Enfants "préoccupés" par trop de problèmes familiaux.

Cet aspect "contenant" de l'enfant imaginé un peu comme un bocal à remplir (partiellement) "préoccupé", par trop de problèmes ou tracas, blessures sociétales de par les différences... en ce contenant quasi plein quelle place restera-t-il pour, scolarité obligeant, tout ce qui doit y entrer en "plus"? Situations d'enfants non seulement pas franchement intéressés parce qu'ayant d'autres choses en tête, enfants par le fait non disponibles avec par manque de place en ces "contenants* ce qu'apporté tombant à côté: "J'ai pourtant appris hier soir mais je ne me souviens de rien!" parce que le trop plein, en l'occurrence a passé à côté du "contenant-bocal"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/12/2016

juste 1 petit rappel de notre historique culturel; ici on n'invente pas l'eau chaude: il s'agit de développements ensuite des travaux de Pestalozzi, Fröbel et Steiner, repris par Piaget

Heureusement qu'en ce domaine comme en général en matière d'éducation, de la petite enfance aux théoriciens et pédagogies, la Suisse et Genève ont su baser leurs règlementations sur les principes d'éducation développés dés le début du 20e siècle par Piaget

- qui en a inspiré d'autres et plus d'un, dont en France, à l'Unesco etc.

me semble utile de le rappeler car en la matière, la Suisse a de quoi être fière de son passé, il a eu une résonance mondiale.

Ne vous en déplaise, la ville de Genève devrait faire beaucoup mieux
que simplement se faire l'écho de fondations de riches familles, dont l'existence n'a qu'un but fiscal.

Écrit par : divergente | 03/12/2016

La Suisse a de quoi être fière de son passé, en effet.
Mais, au présent, concernant l'école?

Tribulations administratives telles qu'à propos de neurosciences la question se poserait de savoir qui des enfants, parents surchargés par deux journées l'une professionnelle la seconde familiale... ou profs qui ne jouissent plus du fondement ou soc indispensable à cette profession, entre autres telle médecine ... sécurité, stabilité bien-être indispensables à l'instituteur en premier lieu éducateur (voyez le credo de l'instituteur des temps heureux auxquels fait allusion divergente) servir en premier lieu

enfants, parents, instituteurs, chefs de service ou décideurs: qui, neurosciences parlant, servir ou "traiter" en premier!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/12/2016

Les commentaires sont fermés.