16/12/2016

Soutenons l'agriculture de proximité pour empêcher la mort de la paysannerie suisse!

La nouvelle est tombée il y a quelques jours : huit agriculteurs se sont suicidés en 2016 dans le canton de Vaud, soit deux fois plus que l’année précédente. En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours. Une surmortalité par suicide chez les paysans a été constatée dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, en Australie, au Canada et en Corée. Le mal-être des agriculteurs grandit partout, mais qui s’en soucie ?


En Suisse, les paysans étouffent sous la bureaucratie. Ils sont contraints de respecter environ 1300 règlements de la Confédération. Ils doivent investir pour moderniser leurs installations et se mettre aux normes, mais leurs revenus ne cessent de diminuer. Les consommateurs se détournent souvent de leurs produits, qu’ils jugent trop chers par rapport à des articles provenant de l’importation. Chaque année, plus de 1000 exploitations ferment ainsi leurs portes. Sous le rouleau compresseur d’une mondialisation érigée en dogme, la paysannerie suisse meurt à petit feu.

Pourtant, l’orthodoxie néolibérale et libre-échangiste mène à une impasse. Pire, elle menace notre santé. L’immense flux des produits génère pollution et gaspillage d’énergie dans le monde entier. De plus, nous importons des fruits et des légumes qui sont traités avec des produits nocifs pour la santé et interdits en Suisse. L’idéologie productiviste favorise des pratiques d’agriculture intensive caractérisées par l’utilisation abusive d’engrais et de produits chimiques qui détériorent les sols.

Les problèmes de l’agriculture sont certes complexes, et aucune solution miracle ne se dessine pour le moment. Ce n’est pas une raison pour fermer les yeux et baisser les bras. Les Verts suisses ont par exemple fait aboutir l'année passée leur initiative pour des aliments équitables. Le texte demande des standards de durabilité minimaux pour les aliments produits en Suisse comme pour les aliments importés.

Les consommateurs ont un énorme pouvoir d’action. Ils peuvent soutenir le secteur agricole en achetant des produits locaux de qualité. Ils peuvent également choisir des produits issus de l’agriculture biologique et respectueux de l’environnement. Ils ont aussi la possibilité de faire leurs courses directement chez les agriculteurs eux-mêmes, ou de commander des « paniers » livrés à domicile. A cet égard, j’ai mis en évidence le rôle de l’agriculture de proximité tout au long de mon année de mairie.

A l’heure où le lien est devenu évident entre le creusement des inégalités et la montée des populismes les plus virulents, un consensus mondial semble se dessiner pour remettre l’humain au centre de l’économie. En matière d’agriculture, cela implique de soutenir davantage l’agriculture de proximité et de rétribuer les paysans de manière équitable.

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Commentaires

Le suicide est la cause de 1 à 2 % des décès enregistrés en Suisse.

La paysannerie n'est pas plus touché que dans d'autre secteurs.
C'est un problème de société.

Quant aux 1300 règlements, je suppose que cela concerne l'ensemble de la paysannerie, de l'agriculture, à l'élevage, en passant par la viticulture.

Il serait plus juste de comparer la bureaucratie d'une pme avec celle d'un paysan pour une activité donné.

La paysannerie est devenu des pme, et c'est en cela qu'il y a des difficultés dans ce secteur. Certain s'en sorte très bien et d'autre ne sont, semble t'il "que" paysan et ont beaucoup de peine.
Comme les pme, il y a des faillites.

C'est à la population d'acheter suisse, mais ce sont les associations de paysans qui peuvent le mieux aider, encadrer ceux qui ont des difficultés à conduire leur exploitation.

Les paysans sont déjà beaucoup aider financièrement. Si il veulent plus, il n'y a pas d'autre solution que d'augmenter les impôts ou la TVA.
C'est au monde paysans, voir l'UDC, de lancer une initiative pour de nouveaux impôts. Et cela permettra de voir jusqu'où le peuple suisse est prêt à donner.

Écrit par : motus | 16/12/2016

Aider l'agriculture serait logique à Genève avec l'appellation GRTA mais, hélas, la quasi totalité des produits sont cultivés en France voisine alors il vaut mieux acheter l'original directement en France car les prix vont du simple au triple ! On se fout des citoyens genevois !

Écrit par : Miloslav Leku | 16/12/2016

Cela soulève une contradiction majeure à mes yeux. Si l'ouverture sur le monde, la mondialisation, la fin des frontières sont des objectifs valorisés encore aujourd'hui, surtout me semble-t-il à gauche, le "consommer local" en est le contraire. Je parlerais même, un peu par boutade mais pas seulement, de "souverainisme" consumériste.

Cela fait partie des contradictions modernes.

Écrit par : hommelibre | 17/12/2016

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