18/01/2017

Personnes sans-abri: dépasser la gestion de l’urgence

Les températures glaciales qui sévissent en Europe depuis plusieurs jours ont déjà tué plusieurs dizaines de personnes, notamment en Italie, en Pologne, en Roumanie et dans les Balkans. La Ville de Genève a mis en place un plan « Grand Froid » avec ses partenaires afin de proposer un hébergement d’urgence aux personnes sans abri. 318 places sont à disposition depuis vendredi dans les différents abris PC de Richemont, des Vollandes, des Pâquis ainsi qu’à l’accueil de nuit de l’Armée du Salut au chemin Galiffe. Afin d’éviter des drames, j’invite chaque habitant à composer le 144, qui répond 24h sur 24, pour signaler la présence de personnes en danger à cause du froid.


Il est choquant de constater que dans une ville riche comme Genève, certaines personnes n’ont d’autre choix que de dormir dehors ou dans un abri de la protection civile. Au fil des années, le nombre d’individus ayant séjourné dans le dispositif hivernal de la Ville a fortement augmenté. En 2001, lorsque la municipalité a ouvert pour la première fois un abri, moins de cent personnes l’ont fréquenté. Quinze ans plus tard, elles étaient plus de mille. Les visages de l’exclusion se sont diversifiés et complexifiés. Les figures « familières » du clochard ou du mendiant ne sont plus représentatives à elles seules de cette réalité. Aujourd’hui, il suffit parfois d’un divorce, de la perte d’un emploi ou d’un logement pour entrer dans la spirale de l’exclusion. Le Conseil d’Etat a d’ailleurs fait le constat d’une augmentation de la précarité à Genève dans un rapport récent. De son côté, conscient de ces enjeux, le Conseil municipal a voté l’année passée une motion pour demander à l’Exécutif d’ouvrir des lieux d’accueil à l’année.

Dans sa Feuille de route pour la législature 2015-2020, le Conseil administratif s’est engagé à atteindre l’objectif « zéro sans-abri». Le développement d’une vision à long terme et de mesures qui vont au-delà d’une gestion réactive des problèmes nous paraît en effet nécessaire. Des études nord-américaines ont relevé que l’investissement dans du logement pérenne et dans des services de soutien permet d’améliorer la situation générale des personnes à la rue ou à risque de l’être un jour, et de réduire les coûts du sans-abrisme. Autrement dit, les politiques de prévention et d’inclusion sociale sont moins chères que les politiques de gestion de l’urgence.

C’est dans cette perspective que la Ville souhaite doubler le nombre de logements-relais d’ici 2020. Je rappelle que plusieurs projets sont actuellement en cours. Celui qui prévoit l’implantation de studios mobiles à Fort-Barreau est dans les mains de la Commission du logement du Conseil municipal. Ce même Conseil a voté un droit de superficie en faveur de l’Armée du Salut pour créer une centaine de lits dans le quartier de la Jonction. Cette association devrait aussi ouvrir un nouveau centre de cent lits à Sécheron pour remplacer sa structure au chemin Galiffe.

Enfin, la Ville envisage de développer du logement-relais à Saint-Jean et fera bientôt une proposition dans ce sens au Conseil municipal.

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