10/04/2017

Fermeture des abris PC: la rue abîme, quelle que soit la saison

Après la fermeture des abris PC des Vollandes et de Richemont le 30 mars, c’était au tour de l’abri PC des Pâquis de fermer ses portes ce matin 10 avril. L’occasion de faire le bilan du dispositif hivernal d’hébergement d’urgence devant les médias d’abord, puis les partenaires sociaux. L’occasion, aussi, de répéter qu’il est nécessaire de trouver une solution pérenne afin que les personnes sans-abri disposent d’un toit tout au long de l’année. Le froid représente certes un risque pour la santé, mais la rue abîme et tue à petit feu, quelle que soit la saison.


L’hiver 2016-2017 a été marqué par un épisode de grand froid au début du mois de janvier, qui a nécessité une forte mobilisation de la Ville et de ses partenaires. La capacité des abris des Vollandes et de Richemont a été augmentée à 269 places et les tournées nocturnes ont été doublées. La Ville a établi une collaboration avec le 144 et incité la population à appeler ce numéro pour signaler toute personne dormant dans la rue.

D’importants efforts ont également été accomplis pour améliorer l’hébergement d’urgence et mieux répondre aux besoins sanitaires. Sur la base des recommandations de l’ancien médecin cantonal et juriste Jean-Pierre Restellini, qui a fait une étude sur les abris à ma demande, le dispositif d’accueil hivernal a pu être complété par la présence de deux infirmières des HUG dans l’abri PC de Richemont depuis le début du mois de janvier. Un peu plus de 100 personnes ont ainsi bénéficié de soins somatiques et psychiatriques.

De plus, grâce au soutien financier de la Ville, du Canton et de fondations privées, l’Armée du Salut a pu offrir un accueil spécifique pour les familles à l’abri PC de Pâquis-Centre. A l’approche de la fermeture de ce dispositif, je me suis inquiétée du sort de ces parents et de leurs enfants auprès du Département de l’instruction publique. J’ai reçu la garantie qu’ils avaient tous été pris en charge et qu’aucun d’entre eux ne se retrouverait à la rue.

Au total, ce sont 1177 personnes qui ont été accueillies cet hiver dans le dispositif pour environ 23'000 nuitées. Bien que stable depuis plusieurs années, ce chiffre reflète l’ampleur des besoins. Il n’est pas acceptable, année après année, de fermer les abris. Mon souhait est de mettre en place un hébergement à l’année. J’ai fait des propositions dans ce sens au Conseil administratif, qui soutient ma démarche à condition que d’autres communes participent au financement de cette prestation.

Le Conseiller d’Etat Mauro Poggia a souligné aujourd’hui que la Ville ne devait pas porter seule l’effort de l’accueil des sans-abri. Des discussions vont s’ouvrir prochainement entre le Canton et les communes concernant un quatrième train de lois relatif à la répartition des tâches en matière d’hébergement d’urgence. J’espère qu’elles déboucheront sur un consensus autour de la nécessaire participation des communes à ce dispositif, qui devrait être étendu à l’année. La détresse et l’urgence sociale sont l’affaire de tous !

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Commentaires

1177 personnes pour 23000 nuitées, c'est le minimum absolu en terme de bilan et d'information:

Quel est la typologie des clients, que font ils et d’où viennent ils, a quels besoins répondent exactement ces abris, pourquoi ces personnes ne sont pas prise en charge par l'hospice général, l'AI, l'OSAR ou autres organisations ?

Écrit par : Eastwood | 11/04/2017

Bonjour,
Je vous remercie pour votre question. Les abris répondent à un besoin humanitaire. Ils offrent un hébergement à des hommes et des femmes de passage dans notre ville, mais aussi à des personnes qui se trouvent dans une situation de grande détresse physique et psychologique. Depuis 2001, la Ville de Genève est la seule à l’échelle du territoire cantonal à proposer cette aide d’urgence. Les personnes qui ont recours aux abris PC ne relèvent en principe pas de la loi sur l’asile, et ne sont pas forcément éligibles aux prestations de l’AI et de l’Hospice général. L'accueil est toutefois inconditionnel, et une majorité des sans-abri est d’origine européenne.

Esther Alder

Écrit par : Esther Alder | 13/04/2017

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