02/05/2017

Budget 2017: une vision étriquée du bien commun

Il aura fallu trois soirées et plus de 20 heures de débat au Conseil municipal pour voter le budget 2017 de la Ville de Genève. Entre les économies décidées à l’automne 2016 par le Conseil administratif pour faire face aux mauvaises prévisions fiscales, et les coupes opérées par la droite élargie dans le budget, le Département de la cohésion sociale et de la solidarité que je préside a vu ses finances amputées d’environ un million de francs. Cette perte arrive au moment où il faudrait davantage de moyens : comme l’a établi le Conseil d’Etat dans un rapport publié l’année passée, la précarité et la pauvreté ne cessent de progresser à Genève, et avec elles, les risques de fractures sociales et d’instabilité.


Les groupes PLR, PDC, UDC et MCG ont fait bloc contre vents et marées, parfois au mépris de leur propre programme politique et perdant souvent le cap du bien commun. Prenons l’exemple du chômage. La droite prétend vouloir combattre le chômage. Elle a donc doté l’Association de défense des chômeurs de 60'000 francs supplémentaires, mais elle a supprimé le Fonds chômage, qui avait pour but de soutenir des projets novateurs visant à l’insertion socio-professionnelle des personnes en recherche d’emploi.

Un autre exemple : la droite majoritaire a amputé l’allocation de rentrée scolaire de 90'600 francs, alors que le projet de budget avait déjà diminué cette ligne, tenant compte au millier de francs près des fluctuations des années passées. Le cas échéant, j’entends demander un crédit budgétaire supplémentaire au Conseil municipal, vu que les bénéficiaires de cette allocation (2700 familles et 3800 enfants) ne peuvent légalement pas être privés de leur dû.

Le Conseil municipal a également refusé l’aide aux primo-migrants (500'000 francs) et renoncé à l’augmentation de 590'000 francs en faveur de la solidarité internationale, tout en accordant 340'000 francs au programme d’aide au retour de la Croix-Rouge.

Toutefois, il a reconnu la qualité du travail fourni par l’Association pour les droits humains (APDH) en faveur de l’insertion sociale des jeunes et des familles précarisées issues de la migration. Il a en effet accepté que la subvention ponctuelle accordée d’année en année par mon Département devienne nominative. Je tiens également à remercier le Conseil municipal d’avoir préservé le poste menacé à la direction du Service social.

Cela dit, la droite élargie ne ressort pas grandie de ce processus budgétaire. Elle se veut garante de l’orthodoxie budgétaire, mais coupe là où les services font des efforts pour ne pas dépenser la totalité de l’enveloppe à leur disposition. Elle se crispe sur la rigueur budgétaire et la réduction de la dette, et cela au moment même où le FMI commence à douter du bien-fondé des politiques d’austérité budgétaire et demande une relance des dépenses publiques!

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