12/04/2018

Pour la première fois, un abri estival accueille les personnes sans domicile fixe

Il y a 17 ans, la Ville de Genève mettait à disposition des personnes sans domicile fixe un abri de la protection civile durant la saison hivernale. Depuis, le dispositif s’est développé. La capacité d’accueil a doublé, voire quadruplé lors de périodes de grand froid, et de nouvelles prestations, notamment sanitaires, ont vu le jour. Mais chaque année, à la fin de l’hiver, les sans-abri devaient retourner à la rue. Pour trouver une solution, j’ai organisé en février une rencontre avec plusieurs associations. Le dynamisme et la volonté farouche des partenaires, et notamment d’Alain Bolle, le directeur du Centre social protestant, nous ont permis d’avancer. Ainsi, nous avons pu compter sur la Croix-Rouge genevoise pour mettre en place un dispositif transitoire d’hébergement d’urgence durant la belle saison.


Pour la première fois, l’abri de Richemont n’a pas fermé ses portes début avril. Durant sept mois, il accueillera environ 50 personnes, identifiées par le Service social comme étant particulièrement vulnérables. Ce dispositif est géré par la Croix-Rouge genevoise et financé conjointement par la Ville, le Canton et un bailleur de fonds privé. Je salue ce partenariat, et en particulier l’engagement de la Croix-Rouge! Cette collaboration marque une étape importante vers l’objectif « zéro sans abri » du Conseil administratif.

La mise sur pied de cet abri estival permet de sortir de la logique du thermomètre. Cependant, cette action ne sera pas forcément renouvelée en 2019. De plus, la Ville de Genève est toujours la seule commune à mettre en place un hébergement d’urgence durant l’hiver. Je demande depuis longtemps que le Canton et les autres communes prennent leurs responsabilités dans ce domaine, notamment sur le plan financier. Je plaçais beaucoup d’espoir dans les négociations concernant le quatrième train de loi de répartition des tâches relatif à l’aide sociale d’urgence. Mais les discussions sont au point mort depuis le mois de décembre, le Canton et les communes ne parvenant pas à se mettre d’accord. J’espère que cette question pourra être tranchée rapidement durant la prochaine législature. Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu ce jeudi, le Conseiller d’Etat Mauro Poggia a réaffirmé la volonté du Canton de donner une base légale à l’hébergement d’urgence, et de voir toutes les communes participer à l’effort financier. Cela dit, je tiens à rappeler que l’accueil dans les abris n’est qu’un pis-aller, et qu’il est nécessaire de réfléchir à une solution en surface.

Malgré la lenteur du processus législatif, plusieurs projets sont en cours pour offrir un accueil aux personnes démunies. Une Halte de nuit a été ouverte récemment par l’Espace solidaire Pâquis et l’Armée du salut au Temple des Pâquis. Je rappelle aussi que l’Armée du Salut a obtenu une autorisation de construire pour un immeuble à Sécheron, qui comprendra des lits d’urgence. Un droit de superficie a également été accordé à cette association à la rue des Deux-Ponts/Plantaporrêts pour un autre projet de 80 places. Je signale aussi que le Conseil municipal a accepté l’année passée la mise en place de 19 logements-relais sur le site de Fort-Barreau, un projet pour lequel je me battais depuis de nombreuses années.

Peu à peu, la cause des personnes sans-abri avance, et je m’en réjouis ! L’urgence sociale est un problème collectif, qui ne pourra être résolu qu’avec la bonne volonté et les efforts de toutes et tous. !

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Commentaires

Madame, singulièrement la Genève cantonale et communale des Chavanne, Fontanet, Foellmi, Ketterer, Vincent, Grobet...savait mettre en lien les forces vives nécessaires au nivellement de l' inconfort sociétal.
On se sentait, simple citoyen partenaire " par la pensée " de nos valeureux édiles, pousser des ailes vers des élans personnels de solidarité sociale...en particulier avec les femmes battues, les filles-mere, les prostituée et autres "cabossés" de la vie.
Il est vrai qu' on sortait de 1968....
Aujourd'hui toute tentative d' aide directe doit être avalisée par moult commissions...et ainsi passe aux oubliettes d' une administration de plus en plus tatillonne prônant les normes du vivre sous toit à outrance...
Exemple : disposant d' une petite caravane au bord de l' Hermance je voulais la mettre à disposition d'une " ong " locale dûment subventionnée par la communauté..Après 3 mois de prise de contact...personne ne m' a recontacte jusqu' aujourd'hui.Difficile de comprendre ce manque total de cohésion, surtout pour quelqu' un qui ne fait aucune politique.
Très cordialement, Danyel Tinguely,Vesenaz

Écrit par : danyel | 19/04/2018

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