08/08/2018

Plaidoyer pour un horizon plus vert

Depuis quelques années, les vagues de chaleur extrême se multiplient et nous écrasent. En ce moment, l’Europe suffoque, et des gens meurent, victimes d’insolation, d’hyperthermie et/ou de déshydratation. La Californie se bat contre le plus grand incendie de son histoire. En Suisse, des poissons du Rhin, comme l’ombre commun et la truite, périssent sous l’effet de la chaleur. L’agriculture helvétique souffre de la sécheresse : des tonnes de légumes, mûris trop tôt et jugés invendables, pourrissent dans les campagnes. Jean Zouzel, ancien vice-président du Groupe d’experts internationaux sur le climat (GIEC), déclarait lundi à la radio que certaines régions de la Suisse pourraient subir des températures dépassant les 50 degrés Celsius dans un avenir pas si lointain. Dans l’Antarctique et dans les Alpes, la fonte des glaces s’accélère. D’ici 2100, une partie de l’Asie du Sud-Est pourrait même devenir inhabitable à cause du réchauffement climatique.


Des exemples des effets dévastateurs du réchauffement climatique, il y en a à profusion. L’urgence est là, tout le monde le sait. Mais rien ne semble pouvoir enrayer la dynamique mortifère du changement climatique. Selon un rapport qui vient de paraître, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record dans le monde en 2017. Dans ce contexte inquiétant, la demande de pétrole, de charbon, de gaz de schiste et d’autres combustibles fossiles ne cesse de croître.

Aucun gouvernement ne semble prêt à admettre que seules des politiques de décroissance  permettront de résoudre le problème du réchauffement climatique. Et les citoyens-consommateurs de la planète montrent peu d’empressement à modifier leurs comportements. Nous continuons en effet à acheter des produits dont nous n’avons pas réellement besoin, à prendre souvent l’avion, à conduire des voitures polluantes, à gaspiller et à piller les ressources naturelles. Le 1er août dernier, l’humanité avait d’ailleurs déjà consommé l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra donc à crédit pendant cinq mois.

Alors, quelles solutions ? Pour offrir un avenir à nos enfants, un changement profond de mentalité est nécessaire, qui tient quasiment du choix philosophique. Il faut impérativement remettre en cause la validité du modèle économique dominant, qui nous est présenté comme le seul réaliste. L’idéologie ultralibérale et les politiques qui en sont issues saccagent les esprits et la planète depuis quarante ans. Nous courons vers la catastrophe, apeurés par les moindres soubresauts des marchés financiers et les yeux rivés sur les cours de la bourse. Cela suffit ! Il est temps que notre horizon cesse d’être bouché par des chiffres. Il est temps qu’il se dégage, qu’il devienne plus solidaire, plus social, et…plus vert !

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