Le sexisme, un danger pour la santé des femmes

Imprimer

Entendu sur les ondes de La Première lundi : 11 médicaments pourraient ne plus être remboursés par l’assurance de base, pour des raisons d’économies. Sept de ces médicaments soignent des maladies qui affectent en majorité les femmes, comme l’ostéoporose, le cancer du sein, l’arthrite rhumatoïde, l’hypothyroïdie ou encore l’anxiété et l’insomnie. Cette proposition de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) n’est pas acceptable. Elle est même inquiétante : la santé des femmes serait-elle, aux yeux de Berne, moins importante que celle des hommes ?

On sait déjà que les femmes sont moins bien soignées que les hommes, moins écoutées par les médecins, que les médicaments sont testés presqu’exclusivement sur les hommes, que la douleur exprimée par les femmes est parfois ignorée… Le sexisme en médecine est un véritable danger pour les femmes. L’OFSP pourrait éviter d’entretenir cet état d’esprit malsain en s’intéressant davantage à la question du genre dans le domaine de la santé.

Le sexisme découle rarement d’une volonté explicite de discriminer les femmes. Il est alimenté au quotidien par des préjugés d’une ténacité et d’une longévité exceptionnelles – comme certains virus - et se diffuse, à doses continues, dans les lois, les décisions, le langage (verbal et non-verbal), les conversations, les comportements, les activités de tous les jours. Il est toujours sous-tendu par l’idée qu’une femme vaut moins qu’un homme, idée qui fait prospérer les inégalités hommes-femmes dans tous les domaines.

Contre ce fléau, un seul remède : tenir compte du genre dans toutes les décisions politiques et administratives, et examiner systématiquement l’impact de celles-ci sur les femmes. Il convient aussi d’augmenter le nombre de femmes dans toutes les instances de décision, et de les écouter ! Cela permettrait d’éviter des situations aberrantes. Exemple récent : la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats a mandaté trois hommes parlementaires pour redéfinir la notion de viol dans le Code pénal…

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.