L'aggravation des inégalités n'est pas une fatalité (01/01/2018)

En ce début d’année 2018, je présente à toutes les habitantes et à tous les habitants de Genève mes meilleurs vœux de bonheur, de santé et de prospérité ! Je tiens aussi à présenter mes vœux solidaires à toutes celles et à tous ceux qui vivent dans des conditions difficiles, voire dans la précarité. Partout, la logique du profit semble l’emporter sur la solidarité. La sagesse qui s’exprime dans notre Constitution, par cette phrase du Préambule que j’aime citer : « la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres », paraît s’effriter. Mais la prise de conscience que le creusement des inégalités, à l’instar du réchauffement climatique, représente un danger pour toute la planète progresse, et c’est une bonne nouvelle.

Récemment, le World Inequality Lab a publié le « Rapport sur les inégalités mondiales 2018 ». Copiloté par le célèbre économiste français Thomas Piketty et reposant sur le travail d’une centaine de chercheurs, il établit que les inégalités de revenus ont augmenté dans presque toutes les régions du monde ces dernières décennies. Ainsi, depuis les années 1980, le 1% d’individus les plus riches a capté 27% de la croissance du revenu, contre 12% pour les 50% les plus pauvres de la planète.

Ce rapport apporte un démenti à la théorie du ruissellement, selon laquelle l’enrichissement des plus fortunés profite à tout le monde. Au contraire, l’aggravation des inégalités « pourrait conduire à toutes sortes de catastrophes politiques, économiques et sociales », affirment les auteurs. Ils ont raison : les conséquences politiques déjà visibles du creusement des inégalités – l’abstentionnisme et le populisme - sont inquiétantes.

Selon les auteurs du rapport, les inégalités de revenus ont moins progressé en Europe de l’Ouest qu’ailleurs. Cela tient au modèle social européen, soit à une fiscalité progressive, à des politiques salariales relativement plus favorables aux classes moyennes et populaires ainsi qu’à des politiques éducatives plus égalitaires. Mais ce modèle est menacé, comme le montre par exemple l’adoption, dans un pays voisin de la Suisse, de politiques fiscales qui favorisent les hauts revenus.

La hausse des inégalités n’est pourtant pas une fatalité. Pour les combattre, les auteurs du rapport préconisent des investissements publics dans l’éducation, la santé et la protection de l’environnement. Des choix politiques guidés par le souci du bien commun sont nécessaires. Ils sont à la portée de chacune et chacun d’entre nous.

Je vous souhaite une excellente année 2018, sociale, écologique et solidaire !

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